[MUSIQUE – Les albums oubliés] – Linda Perhacs, « Parallelograms »

[MUSIQUE – Les albums oubliés] – Focus sur une artiste oubliée nommée Linda Perhacs

Linda PLinda Perhacs
Parallelograms
(Kapp KS 3636)
1970
réédition: The Wild Places WILD005-RE (2003)

Extrait en écoute disponible : ici

La route qui mena Linda Perhacs en studio fut sans conteste des plus tortueuses, des plus curieuses et des plus accidentelles et fortuites.

Alors qu’elle travaillait dans un cabinet dentaire de Beverly Hills, elle se liait d’amitié avec un de ses patients à qui elle confia qu’elle écrivait des chansons ; il voulut alors en écouter ; elle lui donna une cassette de quelques compositions, le lendemain matin, un samedi, elle recevait un appel de son ami et de sa femme. Cet ami c’était Leonard Rosenman, compositeur de plusieurs symphonies mais surtout compositeur émérite (et oublié) de quelques chefs-d’œuvre du cinéma tels que, entre beaucoup d’autres : La fureur de vivre, Barry Lyndon (Kubrick), ou encore Star-Trek 4 . Il voulait produire L’album de Linda pour le compte du label Kapp Records. Voilà comment allaient les choses de l’époque, pour ce qui aujourd’hui mobiliserait 4 avocats et des mois avant que l’embryon d’une maquette ne voit le jour.

Et alors que Perhacs entrait dans le monde musical par une porte dérobée , elle avait pourtant une idée très précise, sophistiquée et même avant-gardiste de ce que devrait être son album, une saveur visuelle, presque sensorielle de la musique. Ce qu’elle décrivait comme un « parallélogramme sonore » obtenu par elle et ses musiciens (dont le batteur de Jazz de renom Shelly Mann) reste pour le moins une œuvre difficile d’accès que beaucoup décrieront comme du « Joni Mitchell perché ». Les grandes sessions acoustiques se mélangeaient à des paroles empreintes de pénétrantes représentations de nature. Comme si la chanteuse percevait les vrais trésors cachés du monde qui nous entoure pour la première fois, avec une irrépressible envie de les transmettre à ceux et celles qui l’écoutent. Mais les témoins auditifs de cet amour terrestre furent pour le moins peu nombreux ; victime d’un manque de promotion, -comme beaucoup d’albums de l’époque- et d’une zone de distribution se limitant à l’Etat de Washington, Portland, Hawaii, au Canada, au Colorado, et au nord de la Californie.

Après cet album, (seul et unique donc), elle disparait de la scène musicale comme elle en était venue, dans un injuste et quasi complet anonymat à tel point qu’un petit label indépendant qui envisagera de rééditer ce bijou sous forme d’album à la fin des années 90 aura toutes les peines du monde à retrouver sa trace. Mais loin des tribulations des grands labels, elle sera toute heureuse d’apprendre avoir trouvé une nouvelle audience, participant activement au travail de réenregistrement, fournissant même des titres inédits de l’époque. L’album sortira finalement en 2003, trouvant un succès beaucoup plus large, et paradoxalement, souvent auprès d’un public qui n’était pas né à l’époque.

Aussi pour apprécier cet instant pleinement, il vous faudra laisser vos santiag à l’entrée et être dans les conditions émotionnelles propices à vous laisser embarquer dans un voyage à travers la nature dans ce qu’elle à de plus beau, de plus pur et de plus insaisissable, dans un monde ou musique et couleurs sont sœurs jumelles.

Thibault N.

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